Tim Powers – Sur des mers plus ignorées

Suite à mon vertigineux coup de cœur pour Les Voies d’Anubis, la seule chose dont il me tardait réellement était de lire encore et toujours plus de Tim Powers. Après un coup d’œil attentif à sa bibliographie, j’ai décidé de faire les choses posément, une à une, et ai commencé par me procurer son roman de piraterie, afin de changer complètement d’univers, Sur des mers plus ignorées. Lorsque, enfin, est venu le moment de m’y plonger, ce fut avec un indicible plaisir que je me laissai engloutir par cette nouvelle histoire.

Tout d’abord, à titre de comparaison uniquement, Sur des mers plus ignorées est plus court que Les Voies d’Anubis, avec 332 pages pour mon édition (Bragelonne 2011) contre 478 (J’ai Lu). De même, l’histoire est beaucoup moins complexe, sans doute moins surprenante également, mais j’y ai retrouvé ce que j’avais déjà aimé de ma précédente lecture et ce que, j’imagine, on pourrait qualifier de « Powers tout craché », à savoir : de la magie (notamment de la magie élémentaire), des changements d’identités et même du William Ashbless (même si ce n’est qu’en citation), ce poète inventé de toutes pièces par Powers lui-même et son ami Philip K. Dick, et qui a la particularité d’apparaître, en tant que personnage à part entière, dans des romans de ces deux auteurs !

Mais avant d’aller plus loin dans cette direction, pensons d’abord à l’histoire. Celle-ci, nous dit-on sur la quatrième de couverture, a inspiré le film « Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence » (et possiblement, mais cela ce n’est que moi qui l’envisage, les épisodes précédents également, dans une plus petite mesure toutefois). Le personnage principal, John Chandagnac, vogue vers Port-au-Prince pour y réclamer, à un oncle, l’héritage volé à son paternel aujourd’hui décédé. Le hic, c’est qu’en chemin, le navire est abordé par une bande de pirates contre lesquels Chandagnac a le malheur d’oser se retourner. Alors que le reste de l’équipage se voit laisser la possibilité de rejoindre la terre en barque, Chandagnac a seulement le choix de mourir ou de rejoindre la joyeuse bande d’agressifs et d’enivrés compagnons. Contre sa volonté initiale, le voici pirate, bien décidé à fuir sa nouvelle condition, mais presque aussitôt bringuebalé selon la seule volonté d’un destin singulièrement mouvementé (un peu à la façon d’un Brendan Doyle, finalement). Vous trouverez dans tout cela un peu d’amour (juste assez pour dicter les actions des protagonistes), beaucoup de mystère, du vaudou, une atmosphère incroyablement rendue de jungles sombres et humides, de tempêtes affrontées en pleine mer et de nuits illuminées de feux de camps et imbibées de relents de rhum. Et, bien sûr, au cœur de tout cela, la quête magique de la Fontaine de Jouvence, afin de poursuivre un projet sombre et cruel dont l’enjeu sera bien sûr d’en empêcher l’accomplissement.

Dans les grandes lignes, je mentirais en prétendant que l’histoire regorge de surprises. Il s’agit là d’une histoire de pirates, une vraie de vraie, dont les renforts restent assez classiques. Mais, régulièrement, de petites perles d’originalité, quelques géniales trouvailles, parsèment le récit. L’action est bien là, c’est indéniable, mais je ne l’ai pas toujours trouvée justement répartie ; une légère sensation que le final aurait dû survenir aux trois quarts du roman, au moment où l’on croit toucher à l’apothéose de celui-ci, a subsisté chez moi jusqu’à sa fin effective. Disons que les derniers chapitres, tout en étant indispensables pour l’histoire, tirent un peu en longueur, non pas par leur contenu mais par une petite baisse de rythme, voire par une légère confusion dans l’enchaînement des événements racontés.

Sur des mers plus ignorées a été une expérience moins étourdissante que celle que fut ma première découverte de Tim Powers, mais cela ne veut pas dire que je n’ai pas pris un réel plaisir à approfondir ma connaissance de l’univers unique et ma foi  fort reconnaissable de cet auteur. Je ne manquerai d’ailleurs surtout pas de persévérer dans ce choix et, comme je le fais toujours avec les écrivains qui me marquent à un tel point, je pense finir par lire la totalité de son Œuvre. J’ai d’ailleurs déjà ma petite idée sur le prochain livre que je sélectionnerai, auquel je pense déjà avec gourmandise comme à une délicieuse confiserie que je me ferais un plaisir enfantin de croquer.

Miss November

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