Gustav Meyrink – Le Golem

Athanasius Pernath est un talentueux tailleur de pierres précieuses qui se voue tout entier à sa profession dans le quartier juif de Prague. Alors qu’il semble mener sa vie tranquillement, sans trop jamais se poser de questions et sans accorder beaucoup d’intérêt aux gens qui l’entourent, une rencontre étrange, brève, mystérieuse, tel un rêve éveillé, va soudainement changer le cours de son existence et le mener à voir le monde différemment.

 

Tout au long de cette lecture, je suis passée par des flots de sentiments très contraires à l’égard de l’histoire et de sa construction. Les trois premiers chapitres m’ont probablement autant déroutée qu’ennuyée. Et puis, d’un coup, avec l’arrivée de Zwakh, Prokop et Vrieslander, les trois amis du narrateur, et les histoires mystérieuses qu’ils aiment à se raconter, le récit m’est apparu beaucoup plus riche et prenant. Un peu comme si toute la magie du livre se révélait d’un coup, après s’être faite un tantinet désirée. J’ai donc eu la joie d’être agréablement surprise et l’histoire qui, au départ, n’avait pour moi ni queue ni tête, s’est gentiment mise sur ses rails à partir de là.

Au-delà du thème principal à proprement parler, rattaché à la légende du golem, de nombreuses histoires se goupillent, dont celle de Pernath lui-même, à la recherche d’un passé mystérieux. Je n’en révélerai que peu à ce sujet car j’ai vraiment trouvé l’idée originale et je ne veux rien gâcher des efforts de l’auteur. L’entourage (voisins, amis) du narrateur a lui aussi droit à sa part du gâteau mais, surtout, le golem est un prétexte, ou une occasion dirons-nous, d’aller plus loin dans le traitement du spirituel et du mystique, voire du paranormal.

Certes, le roman a quelques défauts. De grands discours pseudo-philosophiques qui, à mon sentiment, pêchent par leur maladresse et donnent aussi lieu à quelques longueurs, de petits tics d’écriture rendant certaines constructions répétitives (« Tiens, je connais ça, mais où ai-je déjà pu y voir ? Ah oui, cela me reviens ! »)… Rien de bien vilain, au final, et rien qui n’ait profondément dérangé ma lecture.

J’avoue tout de même qu’il m’est arrivé, à quelques reprises, de retrouver mon impression du début. J’entends par là que, çà et là, des passages ont malgré tout été proches de me sembler incohérents, notamment par le changement d’atmosphère soudain d’un paragraphe à l’autre, dont on se demande, sans jamais le découvrir, à quoi il est dû ; ou à cause, parfois, d’une vraie absence de transition entre les chapitres, qui font que tel événement, ou telle action, paraissent se produire par le plus pur hasard, sans bien coller au reste de l’intrigue. Malheureusement, l’incompréhension a, en ce qui me concerne, reprit le dessus dans le dernier chapitre et la conclusion du livre, ce qui laisse un léger goût de frustration une fois le point final atteint.

Hors, donc, ces variations d’attitudes parfois troublantes, qui, il faut bien le dire, fragilisent un peu le scénario, quiconque a de l’intérêt pour les récits mystérieux trouvera tout de même son compte à la lecture du Golem, même si tout n’est pas toujours très bien expliqué et que, au final, pas mal de détail sont laissés en plan. Il est vrai qu’il s’agit là d’une histoire que l’on pourrait facilement qualifier d’invraisemblable, mais ceci participe aussi à son ambiance fantastique, surnaturelle qui, très joliment rendue, s’insinue lentement et délicieusement dans l’esprit du lecteur.

 

 

Miss November

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